Silvia Calmejane se libère très vite du dessin académique pour partir à la recherche du dessin automatique comme il existe l’écriture automatique. Elle réalise ainsi une peinture spontanée et instinctive. En tant que gauchère contrariée, sa main gauche s’impose rapidement. Plus libre, son trait est plus fort et plus fidèle à ce qu’elle souhaite exprimer.

De la même façon, elle abandonne rapidement la toile pour trouver un support bois qui lui correspond mieux et sur lequel émerge plus instinctivement le collage et la couleur. Ultime étape de son travail, le plexiglass vient jouer un rôle déterminant dans son oeuvre puisqu’il donne enfin la parole à sa nature intrinsèque : l’écriture miroir. Ce qui a été un calvaire enfant devient enfin un atout ! Aujourd’hui, elle investit son propre espace en se racontant un peu à chaque fois. Disséminant une pièce du puzzle dans chaque tableau ou totem, laissant discrètement derrière elle quelques traces de son histoire, de ses voyages et de ses aspirations.

Silvia Calmejane a une passion pour le mystère de l’être humain, avec ses forces, ses failles et ses rebondissements, son génie parfois qui traverse les siècles. La capacité des hommes à aimer et à détester, à construire des ponts pour les détruire ensuite. Bref la magie et le mystère du cerveau humain. Son langage artistique exprime cette quête personnelle et sans fin du mystère de la vie et plus particulièrement du mystère de l’homme. Face à ses questionnements, l’art apporte quelques réponses spontanées, instinctives, le street art en particulier en tant qu’il est libre, ouvert aux autres, brut et généreux. Il interpelle, provoque, amuse. Et si Silvia ne pratique pas son art dans la rue, elle  n’en aime pas moins cette image libre de l’art qui circule parmi nous.

Lorsqu’on est face à une oeuvre de Silvia, une immersion dans un espace dont il s’agira de décrypter les signes et leurs interactions nous est proposée, afin d’établir à notre tour une narration personnelle.

Son travail s’inspire de l’art brut de Jean Dubuffet mais aussi de sa vision artistique, l’art du “non-reproduire”. “Je dirais que l’art ne commence qu’à partir du mal dessiner. Que plus mal on dessine et plus on fait un apport créatif.” Cette vision ne l’empêche pas d’admirer Klimt ou Egon Schiele, Matisse, Picasso mais aussi Combas, Basquiat et Rauschenberg.

Aujourd’hui, les oeuvres de Silvia trouvent un écho dans le monde entier : vendues aussi bien à New York qu’à Singapour ou encore Londres, Hong Kong, Milan, Bruxelles, Paris…